L'essentiel
Le divorce en Israël n'exige pas toujours l'intervention obligatoire d'un avocat. Si les deux conjoints sont parvenus à un accord complet sur toutes les questions (partage des biens, garde des enfants, pension alimentaire), ils peuvent rédiger eux-mêmes une convention et la faire homologuer par le tribunal. Cependant, l'avocat devient indispensable en cas de désaccords, de présence d'enfants mineurs, de patrimoine complexe ou dans des situations de pression et de manipulation.
Qui est concerné ?
Cette section vous aidera à comprendre votre situation et à déterminer si vous avez besoin d'un avocat.
Quand peut-on se passer d'un avocat (ou se limiter à une consultation) :
- Accord mutuel complet : Vous et votre conjoint vous êtes mis d'accord sur absolument toutes les conditions du divorce.
- Absence d'enfants mineurs communs : Ou il existe un accord complet et clair sur la garde, le lieu de résidence et la pension alimentaire.
- Patrimoine simple et clair : Vous n'avez pas d'entreprise commune, de biens immobiliers à l'étranger, d'actions ou d'autres actifs complexes.
- Absence de dettes : Vous êtes certain que votre conjoint n'a pas de dettes cachées dont vous pourriez être tenu responsable.
- Égalité dans le dialogue : Aucun des conjoints n'exerce de pression psychologique ou financière sur l'autre.
Quand un avocat est obligatoire :
- Tout désaccord : Si vous ne parvenez pas à vous entendre sur ne serait-ce qu'un seul point (par exemple, le montant de la pension alimentaire ou la vente de l'appartement).
- Violence domestique : En cas de violence physique, économique ou psychologique.
- "Course à la compétence" : Si l'un des conjoints a déjà déposé une requête auprès d'un tribunal qui lui est favorable (rabbinique ou des affaires familiales) à votre insu.
- Actifs complexes : Présence d'une entreprise, d'options, de propriété intellectuelle ou d'épargne-retraite à partager.
- Soupçon de dissimulation de biens : Si vous pensez que votre conjoint dissimule des revenus ou des actifs.
Vos droits
Votre droit fondamental est de représenter vous-même vos intérêts devant le tribunal. Cependant, un avocat protège d'autres droits, non moins importants, dans le processus de divorce :
- Droit à un partage équitable des biens : L'avocat veillera à ce que tous les biens acquis en commun, y compris les fonds de pension et les épargnes sociales, soient partagés conformément à la loi.
- Droit des enfants à une pension alimentaire : L'avocat aidera à calculer et à défendre un montant adéquat de pension alimentaire (
mezonot) qui couvrira les besoins réels des enfants. - Droit à la garde et au droit de visite des enfants : Protection de vos droits parentaux et établissement d'un calendrier clair de contacts avec les enfants (
mishmoretetheskedei re'iya). - Droit à la protection contre les dettes : L'avocat vérifiera l'existence de dettes cachées du conjoint afin que vous n'en soyez pas tenu responsable après le divorce.
- Droit à un consentement libre et éclairé : L'avocat agit comme un tampon qui vous protège de la signature d'un accord désavantageux sous la pression.
Guide étape par étape
Il s'agit d'un algorithme de prise de décision, et non d'une procédure de dépôt de documents.
- Évaluation honnête de la situation. Ayez une conversation franche avec votre conjoint. Dressez une liste de toutes les questions : enfants, appartement, voiture, crédits, épargne-retraite. Êtes-vous d'accord sur tous les points ? Mettez vos accords par écrit.
- Recherche d'alternatives à l'avocat. Si un accord existe mais que vous n'êtes pas sûr des formulations juridiques, envisagez la médiation (
guishur). Le médiateur est un spécialiste neutre qui aide à rédiger une convention, ce qui est moins cher que d'engager deux avocats. - Envisagez l'aide juridictionnelle. Si vos revenus sont faibles, vous pourriez avoir droit à une aide juridictionnelle gratuite de l'État (
Siyua Mishpati). Renseignez-vous sur les critères sur le portail gouvernemental. - Prenez une consultation unique. Même si vous décidez d'agir seul, il est fortement recommandé de prendre au moins une consultation payante avec un avocat. Apportez-lui votre projet de convention (
eskem girushin) pour vérification. Cela peut vous éviter des erreurs catastrophiques. - Dépôt de la convention au tribunal. Si vous avez en main une convention signée et vérifiée, vous pouvez la soumettre avec votre conjoint pour homologation au Tribunal des affaires familiales ou au Tribunal rabbinique. Une fois homologuée, elle a force de jugement.
Liste des documents
Voici une liste de base des documents nécessaires pour rédiger une convention de divorce :
- Pièces d'identité (
Teoudat Zehout) des deux conjoints. - Certificat de mariage (
Teoudat Nissuin). - Actes de naissance des enfants.
- Projet de convention de divorce (
Eskem Girushin), s'il est déjà rédigé. - Informations sur tous les comptes bancaires (numéros de compte et de succursale).
- Documents relatifs aux biens immobiliers et aux véhicules.
- Relevés des fonds de pension (
Kranot pensia,Bituah Menahelim). - Informations sur toutes dettes et crédits.
Pièges à éviter
- Les accords verbaux n'ont aucune valeur. Toute promesse non consignée dans une convention homologuée par le tribunal est juridiquement nulle. Tout doit être écrit.
- La "générosité" peut être un piège. Si votre conjoint renonce facilement à des biens, il est possible qu'il dissimule d'importantes dettes qui, après le divorce, pourraient aussi devenir les vôtres.
- Ne signez pas ce que vous ne comprenez pas. Ne signez jamais de documents en hébreu sans une traduction professionnelle et une vérification juridique. La pression de votre conjoint ("signe, c'est juste une formalité") est un signal d'alarme.
- La convention de divorce est un document financier. Considérez-la comme la transaction la plus importante de votre vie. Une erreur dans ce document pourrait vous coûter des centaines de milliers de shekels à l'avenir.
- Renonciation à la "ketouba". Au tribunal rabbinique, il peut être demandé à la femme de renoncer à la somme inscrite dans la ketouba. N'acceptez pas sans consulter un avocat, car il s'agit de votre actif financier.
Contacts et liens
Étant donné que les liens et les numéros de téléphone peuvent changer et qu'ils ne sont pas fournis dans les documents sources, voici des pistes de recherche :
- Aide juridictionnelle de l'État (
Siyua Mishpati) : Les informations sur les critères et les bureaux les plus proches doivent être recherchées sur le portail officiel du gouvernement avec la requêteסיוע משפטי. - Organisations de femmes : Des organisations telles que WIZO, Na'amat ou l'Association des centres d'aide aux victimes de violences sexuelles offrent souvent des consultations juridiques initiales et un soutien aux femmes en instance de divorce. Leurs coordonnées sont faciles à trouver sur Internet.
- Barreau d'Israël (
Lishkat Orchei ha-Din) : Sur leur site, il est possible de vérifier la licence de n'importe quel avocat.
Glossaire
| Français | Transcription | Hébreu |
|---|---|---|
| Divorce | Girushin | גֵירוּשִׁין |
| Convention de divorce | Eskem Girushin | הֶסְכֵּם גֵירוּשִׁין |
| Pension alimentaire | Mezonot | מְזוֹנוֹת |
| Garde des enfants | Mishmoret | מִשׁמוֹרֶת |
| Tribunal des affaires familiales | Beit Mishpat le-Inyanei Mishpacha | בֵּית מִשְׁפָּט לְעִנְיְינֵי מִשְׁפָּחָה |
| Tribunal rabbinique | Beit Din Rabani | בֵּית דִין רַבָּנִי |
| Médiation | Gishur | גִּישׁוּר |